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[Test Cinéma 3D] : Test Jurassic World 3D au cinéma : nous l'avons vu ! (review)





















Nom du filmTechno Cinéma 3D
Jurassic World 3D
Passif : RealD 3D

INTRODUCTION :

Annoncé hier en Blu-ray 3D en premier sur le marché français pour le 20 octobre 2015 (avec certainement une sortie US à venir sur septembre), Jurassic World est actuellement disponible en 3D dans les salles françaises. Puisque l'on parle d'une des licences cultes de l'histoire du cinéma, après un remake 3D du 1er opus réussi, la rédac Halluciner.fr n'a pas résisté à l'appel de se faire un premier aperçu sur le futur rendu 3D du Blu-ray 3D à venir en visionnant le film en version cinéma 3D (@UGC -RealD 3D). Nos impressions techniques à chaud en fin de séance ci-dessous !




Aperçu 3D :
Sorti hier en salles françaises (10 juin 2015), Jurassic World 3D porte une ambition démesurée de la part des fans et on les comprend : une des licences cultes du cinéma 2D, et un portage 3D bluffant du 1er opus par les leaders mondiaux de la conversion 3D, le studio Stereo D ! Tout ceci avait imposé l'évidence que ce type de film, et en l’occurrence cette franchise, étaient idéaux pour une expression tridimensionnelle, pour le plus grand bonheur des fans. C'est donc avec joie qu'on retrouve la franchise, en 3D, et cette fois dès la sortie en salle, mais toujours après un travail de post-conversion 3D, les choix techniques du réalisateur l'ayant écarté de la possibilité d'une captation en 3D native. Le seul choc pour les fans est justement le changement de réalisateur, puisque c'est Colin Trevorrow qui s'y colle, ayant la lourde tâche de succéder à maître Spielberg. Enfin la grande question renvoie à se demander si ce nouvel opus 3D va dépasser le premier opus converti en 3D ! Alors quid du rendu 3D de ce film très attendu, après une séance dans une salle UGC équipée en techno 3D passive RealD 3D ? Du plaisir à l'arrivée, mais une certaine amertume en bouche car le potentiel 3D du film n'a pas été complétement exploité : explications !

L'évaluation de ce film 3D est un peu plus subtile que d'habitude, car le film passe par plusieurs phases distinctes, et offre une certaine forme d’ascenseur émotionnel pour le spectateur. C'est principalement le cas pour la profondeur 3D. Autant être direct, les 15 premières minutes du film (en étant large) proposent une profondeur 3D exceptionnelle ! C'est simple, la mise en scène est divine et enchaîne les plans larges, les panoramiques et les travellings aériens avec un rendu 3D éblouissant. Effet de profondeur maximal, effet de hauteur vertigineux, spatialisation 3D des décors qui transcendent la grandeur des lieux, et surtout détachement 3D de fou ! En gros on y est, dans le parc comme jamais : les travellings dans les allées sont incroyables niveau détachement 3D avec une foule parfaitement détaillée. Le fait de suivre le parcours des jeunes héros via les escalators est grisant, et nous donne vraiment l'impression de fouler réellement ce parc avec nos pieds : on va de surprise en surprise, on découvre les environnements des attractions comme un enfant, et immédiatement on pense à une évaluation à 5/5 sur la profondeur 3D, et on se prépare à une spectacle dément sur la durée. Pourtant dès que la narration commence à s'installer, la profondeur 3D perd un peu de sa superbe, principalement sur une partie des plans semi-larges puis surtout sur les plans rapprochés. On récupère en passant l'élément indésirable classique du marché, les flous sur les arrière-plans. Autant dire qu'on en a constaté pas mal sur toute la durée du film, ce qui est dommage car ils viennent toujours ponctuellement saboter le superbe rendu 3D de l'ensemble. Par ailleurs on peut voir dans les gènes que ce film n'a pas été fondamentalement pensé en 3D, car de nombreux plans sont hasardeux ou non optimisés pour la 3D (en plus du flou), et on a trouvé que la mise en scène 2D ne colle pas toujours à l'esprit 3D au final. Ainsi en cause un montage parfois un peu trop dynamique, beaucoup trop de close-ups qui ne valorisent pas la spatialisation 3D impressionnante codée à postériori par l'excellent studio de conversion 3D. Les séquences nocturnes sont assez lisibles, mais de manière générale on trouve pas mal de passages avec un 3D un peu moins expressive : ce qui est surprenant c'est que ce sont les environnements les plus faciles à spatialiser en général, les intérieurs ou espaces confinés, qui ne sont pas forcément les plus démonstratifs dans le film. Enfin on passera sur les habituels ghostings et dédoublements de contours (personnages, objets ou décors) lors de forts contrastes, constitutifs de la techno 3D passive au ciné : pas d'inquiétude, comme dans 100% des cas, le release Blu-ray 3D sera sans aucun artefact ni ghosting sur les systèmes en vidéoprojection DLP 3D !

Et les jaillissements 3D dans tout cela ? Calmes, très calmes. En fait sur les 20 premières minutes, à part quelques maigres débordements d'éléments de décors hors du mur, on ne trouve pas grand chose à déclarer. Soit ! On attend la suite pour voir comment tout cela va se goupiller. La première séquence matraquée dans les teasers arrive enfin, avec ce dinosaure aquatique qui surgit de l'immense réservoir pour engloutir son déjeuner, et on profite enfin d'un jaillissement digne de ce nom. Puis le calme revient. C'est vraiment sur quelques séquences clés que les jaillissements sont poussés, systématiquement lors de plans rapprochés sur les différents dinosaures (raptors & co) qui permettent de bien faire jaillir les gueules hors de la toile. On constatera ainsi 4 à 5 séquences cultes où les jaillissements permanents de gueules affamées se font très démonstratifs, avec une mise en scène jouissive. Mais hormis ces quelques séquences, le film se montre décevant sur le registre des jaillissements. Heureusement que lors du final, notre monstre aquatique chouchou va assurer (et sauver) de nouveau le spectacle avec un jaillissement encore top démo, parfaitement cadré et sans aucun windows conflict ! On notera une très faible utilisation des effets de projections (un filet/grapin, et quelques poussières ou feuilles), ce qui est dommage. Par contre mention spéciale pour la longue séquence de libération de tous les dinos volants, car on profite alors de nombreux jaillissements permanents furtifs, avant puis arrière (traversée furtive de la salle en provenant de derrière les spectateurs) lors des travellings en vol !


Au final, si Jurassic Park 1 Blu-ray 3D avait plutôt brillé sur les plans semi-larges et les intérieurs et s'était complétement loupé sur les plans panoramiques et aériens souvent complétement plats, ici Jurassic World 3D fait l'exact opposé : transcender les plans larges et panoramiques, et se prendre les pieds dans le tapis sur les plans rapprochés et parfois semi-larges. Match nul et balle au centre ! Idem sur le registre des jaillissements, où la conversion 3D du 1er Jurassic Park avait maximisé les jaillissements permanents de décors dans le film, avec la moitié du film qui débordait de manière très intense en dehors de l'écran, mais ne proposait finalement aucune séquence de jaillissement d'anthologie, ici, dans Jurassic World, on trouve encore l'exact contraire : très peu de débordements de décors ou bustes en dehors de l'écran qui officient en tâche de fond (donc pratiquement aucun jaillissement sur la durée), mais 4 à 5 séquences top démo sur les jaillissements flash avec de jolies gueules d'amour. 2 films 3D complétement différents, 2 cahiers des charges techniques 3D différents, certainement au final 2 cibles et audience 3D différentes, et pourtant à priori (à confirmer) le même studio 3D qui a converti les 2 films, cherchez l'erreur ! En résumé, un visionnage qui apporte néanmoins du plaisir car le rendu 3D demeure bon sur l'ensemble du métrage, avec un démarrage exceptionnel puis une baisse de régime : tablons sur 80% du film dont la profondeur 3D oscille entre un 4/5 et un 4,5/5, et 20% qui touche le 5/5. Pour les jaillissements, on semble loin du 4/5. Dommage que le film n'ait pas gardé pendant les 2H cet excellent positionnement de l'introduction (mise en scène 3D), cette expérience de visite virtuelle de parc et de sensations de manège quasi à la première personne (c'était pourtant légitime dans un parc d'attraction) ! On attend maintenant avec impatience de pouvoir mener notre vraie dissection des effets 3D du film lors de la sortie du Blu-ray 3D, où les 2 à 3 visionnages techniques que nous y consacrerons au préalable, permettront d'arbitrer et d'affiner le jugement, et de doser exactement le poids des séquences perfectibles voire un peu décevantes (vous aurez aussi l'occasion de tout constater via une galerie de 70 screenshots 3D inédits) ! Si vous aimez la licence, et la 3D, ne ratez pas quand même cette occasion de voir enfin un Jurassic Parc World en 3D au cinéma, depuis le temps qu'on l'attendait. Mais ne faites pas l'erreur d'en attendre trop (merci de nouveau le marketing qui nous aura bien sur-vendu le tout) : des passages avec une superbe profondeur, mais beaucoup d'autres plus classiques et passe-partout, et quelques très rares jaillissements mémorables bien qu'express, voilà le programme ! De même on regrettera le manque flagrant d'innovation scénaristique dans ce film, qui s'inspire un peu trop de ce même 1er opus de Jurassic Park à notre goût, avec même des séquences presque directement pompées (environnement final identique par exemple). Un dernier point : attention à l'incrustation horrible des sous-titres jaunes pendant le film pour la VOST : digne d'un stagiaire, car la position spatiale 3D de ceux-ci varient en fonction des séquences : tantôt en profondeur, tantôt au niveau du mur (parallaxe=0), tantôt en très fort jaillissement : du grand n'importe quoi ! Bravo la prod... (à confirmer dans d'autres salles de ciné 3D) !
Franck Lalane
A SUIVRE SUR LE SUJET :

Jurassic World 3D Blu-Ray 3D (2015 - © Halluciner.fr)




jeudi, juin 11, 2015


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